Entre Ses Mains
par Patricia Lawrence

Après avoir été violée, je savais que Dieu ne m'aimait pas; et que je méprisais les hommes. Pendant les années qui ont suivi, je me sentais très seule. Où était le Dieu que j'avais connu dans mon enfance?

A un jeune âge, je sentais la main de Dieu sur ma vie. Grandissant en Guyanne en Amérique du Sud avec mes parents missionnaires, je me souviens avoir accepté Jésus comme mon Sauveur à l'âge de cinq ans. Cette expérience était très réelle pour moi. Malheureusement, il y a une autre mémoire de mon enfance qui n'est pas aussi plaisante. J'étais dans un magasin un jour quand un homme m'a approché et a commencé à me molester. J'ai couru dehors pour le dire à mon père, qui s'est précipité à l'intérieur pour trouver cet homme. C'était sans succès; je pouvais voir que mon père était très en colère. Pendant notre retour en voiture à la maison, mon père a négligé d'expliquer qu'il était en colère contre cet homme et non contre moi. Je me suis dit, " ce qui s'est passé a dû être ma faute; j'ai dû déplaire à mon père." Je pense que c'est à partir de ce jour là que j'ai commencé à rejeter les hommes.

Une autre fois, j'ai entendu mon père dire à ma mère: "j'ai de la difficulté à aimer Patty; je reconnais tous mes défauts en elle." Bien que je savais que mon père m'aimait, je ne me sentais pas autant aimée que mes deux plus jeunes sœurs.

J'étais une jeune adolescente quand ma famille était revenue au Canada. J'avais complètement oublié avoir été molestée à l'âge de six ans. C'est alors que j'ai été violée par un cousin plus âgé. Pendant l'épisode, il m'a dit: "tu es laide et grosse. Aucun homme ne voudrait de toi."

Après ça, sa femme m'a embrassé et m'a dit: je me sens proche de toi et je t'aime. Je pense que tu es très belle." Cet événement bizarre a commencé un penchant envers la vie homosexuelle. J'ai commencé à me satisfaire sexuellement, et bien que j'essayais de m'en repentir, je continuais à le faire. "Puisque je ne m'en repentis pas, je dois cesser de parler à Dieu. Il ne m'aime plus." Bientôt mes prières avaient cessé.

Je suis allée voir mon pasteur. "Comment vas tu?" m'a t'il demandé. "Si vous voulez vraiment savoir," j'ai dit, bien agitée, "je ne vais pas du tout! Je déteste cette église et tout ce qui se passe ici." Au lieu de chercher à m'aider, il m'a donné un sermon. "Tu devrais avoir honte; tu as de bons parents et une église qui t'enseigne la bible...". Après quelques minutes, j'en avais entendu assez. "Je sais tout ça," j'ai dit. "Au revoir; je ne reviendrais jamais."

Je suis retournée à la maison et j'ai annoncé à mon père que je rejetais Dieu. Au lieu d'être choqué, il a dit: "Patty, est ce que je peux prier pour toi?" Il a demander à Dieu de prendre tout ce que je ferais et le transformer en cendres jusqu'à ce que le Seigneur règne dans ma vie.

Bientôt, j'ai quitté l'école et j'ai commencé mon premier emploi. Je suis sortie avec des hommes, menant une vie sexuelle promiscueuse; je ne savais pas pourquoi. Tout semblait vide.

Un jour, Karen, une amie au travail, m'a emmené dans un bar pour homosexuels. Aussitôt que je suis entrée, je me suis dit: " je sais maintenant où j'appartiens." Je me sentais tellement à l'aise ici. J'avais à peine dix sept ans.

Karen et moi sommes devenues amoureuses, et je suis restée avec elle pour les cinq prochaines années. Au début, j'ai essayé de copier l'amour que j'avais vu dans le mariage de mes parents. "Karen, je t'aime," j'ai dit un soir. Elle a réagi par me gifler. Je l'ai répété, et de nouveau elle m'a frappé. Elle ne pouvait pas recevoir mon amour. C' était un avant goût de ce qui allait venir. Bientôt, j'ai découvert que notre liaison ne l'empêchait pas de s'amuser avecd'autres femmes. Afin de survivre, j'ai appris à jouer le jeu. "Si je me montre jalouse, elle va partir," je me disais. Donc je prétendais le contraire. Au bar, je l'ignorais et je flirtais avec d'autres femmes. Elle restait près de moi pour s'assurer que rien n'arrive. Je l'avais exactement où je voulais.

Je buvais en grande quantité; j'avais maintenant la réputation d'une bagarreuse dans les rues, bien que je ne provoquais jamais d'autres femmes; seulement les hommes. Il y avait des bars où des hommes non homosexuels venaient pour s'amuser. Il suffisait qu'un d'eux m'invite à danser, et je l'attaquais avec rage; je détestais les hommes.

Mon rapport avec Karen avait rompu trois fois. Après la deuxième fois, je suis retournée vivre avec mes parents. Un soir, j'ai essayé le suicide. Mes parents étaient sortis à six heures pour la soirée. J'ai avalé des pilules, et je me suis couchée. Le lendemain, ma mère a trouvé la boîte vide de pilules dans la poubelle, et s'est empressée de me trouver. Avec l'aide de mon père, ils m'ont amené à l'hôpital d'urgence. Douze heures après avoir pris les pilules, le niveau de drogues dans mon système était encore très dangereux. "C'est seulement un miracle que tu sois encore vivante," m'a dit le docteur plus tard. Miracle où non, je n'étais pas heureuse. "Dieu, je veux seulement mourir," j'ai crié. "Tu ne m'accordes même pas ça!"

Bientôt, je me suis retrouvée avec Karen. Je fréquentais les bars pour homosexuelles, et je prenais des drogues. "Il n'y a personne qui me comprenne," je me disais. "Si ce n'est des drogués eux-même, et ils ne vont pas se soucier de moi."

Un soir, Karen et moi étions en train de boire au bar. Je me suis emballée dans une bagarre, et elle m'a retrouvée inconsciente dans une voiture, couverte de débris de verre. Elle m'a ramené à la maison et m'a averti que je devrais partir ailleurs à moins que je cesse mes bagarres. Je lui ai jeté un regard farouche. "C'est la dernière fois que tu me menaces comme ça. Tu m'as chassé bien des fois et puis tu m'as demandé de revenir. Cette fois, c'est pour de bon que je te quitte."

Je suis allée rester avec Pat, une amie qui était récemment séparée de son mari. Elle me comprenait bien puisque nous ressentions la même douleur. Un soir, nous avons parlé de l'amour inconditionnel de Dieu. Pat était devenue chrétienne récemment, et elle m'a encouragé à parler à Dieu à propos de la condition de ma vie. J'ai suivi son avis; "Seigneur," j'ai prié plus tard cette nuit, "je ne t'ai pas suivi ces sept dernières années. Les gens me disent de mettre mes affaires en ordre et de t'aimer. Mais je ne sais pas comment. Si tu me veux, tu peux me prendre. Seulement, je ne veux pas être une chrétienne qui se contente de réchauffer les bancs à l'église. Je veux faire une différence dans ce monde!"

C'est alors que Dieu m'a donné une image en sorte de ma vie. J'étais dans un trou, recouverte de chaînes et de débris. Jésus était là. Mais il ne se trouvais pas en dehors du trou, disant: "Viens, je vais t'aider à sortir." Je n'aurais pas trouvé la force de tenir sa main. Au lieu de ça, il se trouvait tout près de moi dans ce trou. Il avait ses bras autour de moi et me disait, "Patty, tout ce que je voulais tout le long c'était toi." Ça s'est passé il y a seize années et ma vie a changé depuis ce jour là. Je n'ai pas changé tout d'un coup. Pendant les six prochains mois, je suis sorti avec Karen. Mon amie, Pat, était retournée avec son mari et je suis retournée chez mes parents. Six mois plus tard je me trouvais à la maison assise sur le sofa. C'était la veille du nouvel an. Toute la semaine je me trouvais sur le sofa regardant à travers la fenêtre et tremblant. "Pat, qu'est ce qui se passe avec toi?" ma mère a finalement demandé. "Je ne suis pas sûre", j'ai dit. "Je crois qu'il y a une lutte en moi entre Dieu et le diable. Ca se passe dans mon corps et je ne sais pas qui va gagner." Ma mère ne savait pas que Karen m'avait demandé de revenir avec elle. "Dieu!" j'ai crié en silence, "j'ai besoin d'un miracle!" Je ne savais vraiment pas à quoi m'attendre, mais il ne s'est rien passé. C'est alors que j'ai cédé à l'ennemi et me suis trouvée à l'appartement de Karen. "Bonjour," je lui ai dit, entrant dans son couloir. "Je suis de retour." J'étais surprise par sa réaction: "Tu aimes ton Dieu bien trop," elle a crié. "Sors d'ici!" J'ai tout de suite compris que Dieu avait répondu à ma prière. Je suis retournée chez mes parents.

Il y avait un coup de téléphone pour moi. C'était mon pasteur qui retournait un appel que j'avais fait auparavant. "Pat, tu m'avais demandé si tu pouvais chanter à l'église demain? Et oui, ça marchera bien."

Après son coup de téléphone, il y avait un autre appel; c'était Karen. "Je m'excuse Pat. S'il te plaît, reviens." Mais j'avais déjà pris la décision de retourner à l'église, à Dieu. "C'est trop tard maintenant," je lui ai dit. "C'est fini!"

Ma nouvelle année a commencé le lendemain avec une chanson à l'église sur la grâce merveilleuse de Dieu. Ce jour là, le premier janvier 1980, était le début d'une nouvelle vie.

A cause des six derniers mois avec Karen, et tous les problèmes, j'avais perdu mon emploi. C'est alors que j'ai entendu qu'il y avait une offre d'emploi avec une agence à Toronto, "InterVarsity Christian Fellowship". Je suis allée à l'interview, et ils m'ont accepté.

Après quelques mois, j'ai demandé à mon patron de me joindre pour le repas de midi. Je recevais des coups de téléphone de Karen au travail. Je voulais l'informer de toute l'affaire. "Pat," il a dit, "quand nous avions discuté pour la première fois, je pensais que tu étais un peu réservée concernant quelque chose, mais Dieu m'a empêché de te demander." Il m'a ensuite assuré que toute l'équipe m'aiderait à résoudre le problème avec Karen.

Pendant mon temps avec InterVarsity, j'ai vu le Seigneur me soigner, en sorte. J'apprenais tellement dans mes rapports avec d'autres chrétiens, prenant plaisir en leur amitié et acceptation. Malgré mes craintes, je demandais au Seigneur de me permettre d'aimer Dieu au point de risquer d'aimer les autres.

Éventuellement, je suis allée à Ontario Bible College. Après avoir fini en 1985, j'ai été abordée par trois missions, pour aller à l'étranger. Mais je n'avais qu'un désir: aider les homosexuels.

Je voulais savoir la volonté de Dieu. "Seigneur, si Tu veux que je reste à Toronto, envois une personne homosexuelle dans ma vie." Une semaine plus tard, ma sœur m'a parlé d'un homme qui avait parlé dans son église; il représentait un groupe de personnes formellement homosexuelles, mais délivrées. Je l'ai téléphoné, et il m'a invité à les joindre. Dix jours après ma prière, je me trouvais dans une chambre entourée par douze personnes ayant quitté la vie homosexuelle. Le directeur voulait aller à l'étranger, donc, je prenais la direction du groupe "Nouvelles Directions Pour La Vie", pour les dix prochaines années, avant de retourner à lafaculté de Théologie, pour poursuivre mon Masters.

Pendant mon travail avec Nouvelles Directions, j'ai aussi travaillé avec Exodus International comme membre du conseil de l'Amérique du Nord pour plusieurs années. A présent, je suis coordinatrice pour le conseil d'Exodus International. Cela m'a permis d'assister à un niveau international, aidant à la formation et développement de groupes semblables à travers le monde: l'Europe, l'Amérique Latine et L'Amérique du Nord, Le Pacifique Du Sud, et en Asie.

Quand je pense à mon expérience dans une autre culture en Guyanne, mon expérience dans l'église, et ma vie comme une homosexuelle, et tout ce que j'ai appris durant la formation et le développement de l'organisation à Toronto, je m'émerveille de voir que Dieu a utilisé tout çaen vue de ce qu'Il a pour moi aujourd'hui et dans mon ministère présent. Il a régné dans ma vie.

Tout ce qu'il me demande, c'est de l'obéir. Dieu a fait le reste. Bien que je ne connaisse pas l'avenir, je peux Lui faire confiance, car Il me tiens entre Ses mains.